Comprendre le sacrifice
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La paracha en bref

Ce résumé est adapté de l’essai principal de cette semaine par Rabbi Sacks, disponible ici: www.rabbisacks.org/covenant-conversation/tzav/comprendre-le-sacrifice.

L’un des éléments les plus difficiles de la Torah et la manière de vie qu’elle prescrit est le phénomène du sacrifice animal, pour des raisons évidentes. D’abord, les juifs et le judaïsme ont survécu sans ces sacrifices pendant près de deux mille ans. Deuxièmement, presque tous les prophètes avaient un regard critique sur les sacrifices, même Jérémie dans la Haftara de la Parachat Tsav.

Aucun des prophètes n’a cherché à abolir les sacrifices, mais ils étaient très critiques envers ceux qui les offraient tout en opprimant et en exploitant leurs confrères. Ce qui les dérangeaient, ce qui dérangeait D.ieu au nom de qui les prophètes parlaient, étaient que certaines personnes concevaient les sacrifices comme une sorte de pot-de-vin : si nous faisons une offrande assez généreuse à D.ieu, Il outrepassera alors peut-être nos crimes et nos délits. Cette idée est tout à fait incompatible au judaïsme.

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Que représentait le sacrifice dans le judaïsme et pourquoi demeure-t-il important même aujourd’hui, du moins en tant qu’idée ? La réponse simple est la suivante, bien qu’elle n’explique pas les détails des différentes sortes de sacrifices : nous aimons ce pour quoi nous nous sacrifions. C’est la raison pour laquelle, lorsque les Israélites étaient une nation de fermiers et de bergers, ils démontraient leur amour pour D.ieu en Lui apportant un cadeau symbolique de leurs bétails et de leurs troupeaux, de leur grain et de leurs fruits ; en un mot, leur subsistance. Aimer, c’est remercier. Aimer, c’est vouloir apporter une offrande au bien-aimé. Aimer, c’est donner. Le sacrifice est la chorégraphie de l’amour.

Cela s’applique à plusieurs aspects de la vie. Un couple marié et épanoui est constamment en train de faire des sacrifices l’un pour l’autre. Les parents font de grands sacrifices pour leurs enfants. Les gens appelés par une vocation – comme guérir les malades, s’occuper de personnes nécessiteuses ou faire valoir la justice des faibles contre les forts – sacrifient souvent des carrières prospères pour le bien de leurs idéaux. À des époques de patriotisme, les gens font des sacrifices pour leur pays. Dans les communautés fortes, les gens font des sacrifices pour leur prochain s’il est en détresse ou qu’il a besoin d’aide. Le sacrifice est la colle forte des relations. Elle nous lie à autrui.

C’est la raison pour laquelle les sacrifices étaient si importants à l’époque biblique – pas au même niveau que les autres religions – mais précisément parce que le coeur du judaïsme est l’amour : “Tu aimeras l’Éternel ton D.ieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toutes tes forces.” Dans les autres religions, le motif premier derrière le sacrifice était la peur : la peur de la colère et du pouvoir des dieux. Dans le judaïsme, c’est l’amour.

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Nous voyons cela dans le mot hébraïque du sacrifice lui-même : le mot korban, et le verbe lehakriv, qui signifie “se rapprocher”. Le nom de D.ieu employé invariablement en lien avec les sacrifices est Hachem, D.ieu sous Son attribut d’amour et de miséricorde, jamais Elokim, D.ieu sous Son attribut de justice, distant. Le mot Elokim n’est mentionné que cinq fois dans tout le livre du Lévitique, et toujours en lien avec les autres nations. Le mot Hachem apparaît 209 fois. 

Et comme nous l’avons vu dans la paracha précédente, le nom du livre Vayikra signifie convoquer avec amour. 

Lorsqu’il y a de l’amour, il y a un sacrifice.


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Questions à poser à la table de Chabbath

  1. Pour quoi ou pour qui faites-vous des sacrifices dans votre vie ?
  2. De quelle façon cela illustre-t-il votre amour pour eux ?            
  3. Maintenant que nous n’avons plus de culte du sacrifice, comment pouvons-nous démontrer notre amour pour D.ieu à travers le sacrifice ?

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UNE HISTOIRE POUR CHABBATH

Partager la lumière

Raconté par Rabbanite Lauren Levin

Lorsque mon mari et moi avons commencé à officier en tant que rabbin et rabbanite à Londres, nous avons été invités à la maison de Rabbi Sacks avec un autre groupe de jeunes rabbins et rabbanites. Rabbi Sacks nous a tous invités à poser des questions. Un rabbin a levé sa main et a dit :

“Nous souhaitons ardemment aider et enseigner le judaïsme auprès de toutes sortes de gens. Mais nous sommes inquiets d’une chose : si nous voulons que nos enfants soient très religieux, est-ce que ce ne sera pas déroutant pour eux de rencontrer toutes sortes de juifs ?”

Rabbi Sacks donna la réponse suivante : si vous avez de l’argent que vous en donnez la moitié à un ami, vous n’aurez que la moitié qui vous restera. SI vous avez du chocolat et que vous le donnez à un ami, vous aurez moins de chocolat pour vous. Mais si vous utilisez la flamme de votre bougie pour allumer la bougie de quelqu’un d’autre, vous aurez tous les deux de la lumière sans que vous en ayez moins. Partager le savoir est comme partager la lumière. Vous pouvez en partager autant que vous voulez sans réduire ce que vous avez.

Je repense souvent à cela, et à quel point il est important de partager ce que nous savons sur le judaïsme avec amour. Partager, c’est se soucier des autres ; nous n’avons rien à perdre lorsqu’il s’agit d’apprendre avec les autres; nous ne pouvons que gagner!

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Un Regard Plus Profond

Rabbi Israel réfléchit à présent sur certaines des idées profondes qu’il a apprises de Rabbi Sacks.

Quelle est votre citation favorite de l’essai de Rabbi Sacks de cette semaine et pourquoi ? 

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La Rabbanite Lauren Levin est la directrice éducative et Yoetzet Halakha à la synagogue South Hampstead, Londres.

J’ai adoré la phrase : “Dans les autres religions, le motif premier derrière le sacrifice était la peur : la peur de la colère et du pouvoir des dieux. Dans le judaïsme, c’est l’amour.” La religion peut souvent être pratiquée par crainte plutôt que par amour. Rabbi Sacks démontre que, de par la manière dont la Torah présente les sacrifices, il s’agit d’une manière d’exprimer de l’amour.

Pouvez-vous partager quelque chose que vous avez appris de Rabbi Sacks lui-même ? 

Lorsque j’étais adolescente, je fus très touchée par la manière dont Rabbi Sacks écrivait sur le prophète Osée. Il comparait la relation du peuple juif avec D.ieu à celle d’un mari et sa femme. De la même façon que dans un mariage, le mari et la femme ont tous deux des responsabilités, la même chose s’applique à notre rôle en tant que peuple juif dans le monde d’aujourd’hui. Nous avons la responsabilité de faire une différence, et tout cela provient de l’amour.

Comment pouvons-nous mettre en pratique le message de Rabbi Sacks sur le sacrifice dans notre vie de tous les jours ? 

Il y a des choses que l’on fait dans le judaïsme par habitude, ou parce que nous sentons que c’est notre devoir. Je pense qu’il serait merveilleux si l’on passait plus de temps à penser à la raison pour laquelle nous pratiquons nos traditions.

Cela nous aiderait à découvrir l’amour, l’ardeur et le sens de notre identité juive.

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Infos Torah

Q: Combien de noms de paracha comportent uniquement deux lettres ? Pouvez-vous les nommer ?

Adapté de Torah IQ par David Woolf, une collection de 1500 devinettes sur la Torah, disponible dans le monde entier sur Amazon.

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Guide éducatif

Infos Torah: la réponse de cette semaine

Il y a trois parachiot dont le nom ne comporte que deux lettres : 

  1. Noa’h – נח
  2. Bo – בא
  3. Tsav – צו

Covenant & Conversation Family Edition

Written as an accompaniment to Rabbi Sacks’ weekly Covenant & Conversation essay, the Family Edition is aimed at connecting teenagers with his ideas and thoughts on the parsha.

With thanks to the Schimmel Family for their generous sponsorship of Covenant & Conversation, dedicated in loving memory of Harry (Chaim) Schimmel.

“I have loved the Torah of R’ Chaim Schimmel ever since I first encountered it. It strives to be not just about truth on the surface but also its connection to a deeper truth beneath. Together with Anna, his remarkable wife of 60 years, they built a life dedicated to love of family, community, and Torah. An extraordinary couple who have moved me beyond measure by the example of their lives.” — Rabbi Sacks

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