● Ce résumé est adapté de l’essai écrit par Rabbi Sacks en 2011, disponible ici.
Les derniers versets du livre de Chémot nous parlent de la relation entre les Nuées de gloire et le Tabernacle. Le Michkan était conçu de manière à être portatif. Il pouvait être rapidement démonté et ses parties transportées lorsque les Israélites se rendaient à la prochaine étape de leur voyage. Lorsque vint le moment pour les Israélites de partir, les Nuées se déplacèrent de leur lieu de repos dans la Tente d'assignation à une position à l’extérieur du camp, signalant la direction qu’ils devaient maintenant prendre. Le langage utilisé implique cependant que les Nuées n'étaient pas au-dessus du Tabernacle pendant tous leurs voyages, bien que nous savons qu’elles ne s’arrêtaient uniquement uniquement lorsque les Israélites s'arrêtaient et qu’ils remontaient le Michkan.
“Même un campement est un voyage”, explique Rachi. Les endroits où ils campaient étaient aussi appelés “voyages”, car le peuple ne prévoyait pas y rester. Être juif, c’est voyager, et savoir que là où nous sommes n’est qu’un simple lieu de repos, pas encore un foyer. Cette idée n’est pas définie par le fait que nous sommes ici, mais par la connaissance qu’en fin de compte nous devrons avancer. Ainsi, le Michkan portatif est devenu le symbole de la vie juive.
Si quelque chose est responsable de la force inégalée de l'identité juive à travers les longs siècles où les Juifs étaient dispersés à travers le monde, c’est bien le concept auquel les Juifs et le judaïsme ont donné le nom de galout, l'exil. Unique parmi les nations du monde antique ou moderne, ils ne se sont ni convertis à la foi dominante, ni assimilés à la culture dominante. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont jamais pris un lieu particulier pour une maison, un emplacement temporaire pour une destination ultime. « Aujourd’hui, nous sommes ici », disent-ils au début du Seder, « mais l’année prochaine, dans le pays d’Israël. »
À travers l'histoire, les Juifs se retrouvèrent dispersés parmi les nations, ne sachant jamais quand ils seraient forcés de partir trouver un nouveau foyer. Comment ont-ils survécu, leur identité intacte, leur foi, bien que mise à rude épreuve, toujours forte ? Parce qu'ils croyaient que D.ieu était avec eux, même en exil. Parce qu'ils avaient toujours la Torah, l'alliance inaltérable de D.ieu, avec Sa promesse que « malgré cela, lorsqu'ils seront dans la terre de leurs ennemis, Je ne les rejetterai pas, ni ne les abhorrerai pour les détruire entièrement, brisant ainsi Mon alliance avec eux.”
Rien dans l'histoire ne ressemble à cette prédisposition juive à voyager, à aller de l'avant, accompagnés de rien sinon la parole divine, la promesse, l'appel, la foi en une destination ultime. C'est ainsi que l'histoire juive a commencé, avec l'appel de D.ieu à Abraham de quitter sa terre, son pays natal et la maison de son père. C'est ainsi que l'histoire juive a continué pendant la majorité des quatre mille ans. En dehors d'Israël, la seule sécurité des Juifs était la foi elle-même et son souvenir éternel la Torah, la lettre d'amour de D.ieu au peuple juif, Son lien inaltérable. Durant tous ces siècles, bien qu'ils aient été moqués comme étant « le Juif errant », ils devinrent le témoignage vivant de la potentialité de la foi au milieu de l'incertitude, et du D.ieu qui rendait cette foi possible, le D.ieu omniprésent, symbolisé par le Tabernacle, Sa maison portable.
Même de grands dirigeants spirituels du monde ont reconnu qu'il y avait quelque chose d'inégalé dans la capacité juive à rester fidèle aux termes de son existence malgré la dispersion, n'ayant jamais perdu la foi qu'un jour, les exilés retourneraient sur leur terre.
Car même lorsqu'ils étaient au repos, les Juifs savaient qu'ils devraient un jour déraciner leurs tentes, démonter le Tabernacle et repartir. « Même un campement est appelé un voyage. » Un peuple qui ne cesse de voyager est un peuple qui ne vieillit jamais, qui ne devient ni dépassé ni indifférent. Il peut vivre ici et maintenant, mais il est toujours conscient du passé lointain et de l'avenir encore prometteur.
Autour de la table de Chabbat
Quelles traditions déplaçables votre famille porte-t-elle avec vous, peu importe où vous vivez ?
Pourquoi pensez-vous que « être en mouvement » inspire la résilience ?
Comment faites-vous en sorte que votre espace temporaire soit sacré et spécial ?
À propos de la Paracha
Écrit par Sara Lamm
Inspiré des enseignements de Rabbi Lord Jonathan Sacks
La paracha en bref
Les Bné Israël ont contribué avec de l’or, de l’argent et du cuivre pour la construction du Michkan. Chaque contribution a été soigneusement récoltée. Les artisans Betsalel et Aholiav, ainsi que leur équipe, ont suivi les instructions détaillées que D.ieu avait données à Moïse pour créer les huit éléments des vêtements spéciaux des Cohanim. Tous les éléments du Michkan ont été présentés à Moïse, qui a ensuite assemblé la structure, l’a consacrée avec de l’huile sacrée et a officiellement initié Aharon et ses fils dans leurs rôles sacerdotaux. Ensuite, un nuage est apparu au-dessus de la structure, symbolisant la présence de D.ieu dans le Michkan.
Philosophie de Rabbi Sacks
Approfondissement
L’identité juive est fondamentalement caractérisée par la vie comme un voyage continu. Un détail dans la longue liste des instructions du Michkan illustre cela. L'Arche, qui abritait les tables de la Loi comme rappels permanents de l'alliance de D.ieu avec Israël, avait deux anneaux en or de chaque côté, dans lesquels des barres étaient insérées pour que l'Arche puisse être transportée lorsque le moment viendrait pour les Bné Israël de se mettre en route.
Rabbi Hirsch a expliqué que les anneaux en or étaient là pour que l'Arche soit toujours prête à être transportée lorsque les Bné Israël devraient voyager. Pourquoi n'était-ce pas le cas pour les autres objets du Michkan, comme l'Autel et la Ménora ? Pour montrer que la Torah était spéciale, et non limitée à un endroit spécifique. Ainsi, la Torah est devenue le foyer portatif du Juif.
Le judaïsme comprend que D.ieu est présent partout et qu'Il est avec le peuple juif tout au long de ses pérégrinations. Cela est symbolisé par le Michkan, et en particulier l'Arche avec ses barres attachées en permanence, toujours en mouvement.
Les barres de l'Arche restaient attachées en permanence. Quelles valeurs non négociables votre famille garde-t-elle attachées, quelles que soient les circonstances évolutives ?
Activité sur la paracha
Traditions portables
Le premier joueur dans le cercle nomme une valeur ou une tradition familiale importante. Ensuite, tout le monde partage la façon dont il pourrait préserver cette tradition s’il ne pouvait emporter que ce qui tient dans ses poches, s’il se trouvait dans un endroit avec une langue différente, ou s’il ne pouvait pas utiliser d’objets physiques (uniquement des mots et des actions). Lors du prochain tour, un autre joueur nomme une nouvelle tradition et le cercle continue.
Est-il important pour vous de s’assurer que vos traditions familiales perdurent ?
Une histoire pour tous les âges
L’endurance
Ernest Shackleton est né en Irlande en 1874. Il a toujours rêvé d'explorer de nouveaux endroits et de visiter les pôles Nord et Sud. À 16 ans, il rejoint la marine et commence à voyager à travers le monde. Lors de son troisième voyage en Antarctique, il prévoyait de traverser le pôle Sud. Mais à son grand désespoir, Shackleton et son équipage de 27 personnes ont vu leur navire, The Endurance, être pris dans la glace. Finalement, la pression de la glace a brisé le navire. Pendant ce temps, l’équipage s’est retrouvé sur des plateformes de glace à la dérive, où ils ont été contraints de s’installer pendant près de deux ans !
Tout au long de cette longue et difficile épreuve, ce n’est pas seulement leur résistance physique qui a soutenu ces hommes, mais une résilience psychologique remarquable, dirigée par Shackleton. Il a maintenu des habitudes strictes : repas réguliers, tâches, et même divertissements - sachant que la structure préserve la santé mentale. Les hommes ont organisé des matchs de football sur la glace et des soirées musicales. Ils ont célébré les anniversaires et poursuivi des observations scientifiques.
Après de nombreux mois, ils ont traversé 800 miles de mers dangereuses dans de petits canots de sauvetage et ont franchi des montagnes inexplorées pour demander de l'aide. Tout le monde pouvait voir que c'était leur esprit collectif qui les portait en avant. Malgré la faim, les glace et la menace constante de la mort, ils ont pu trouver des instants d'humour et ont gardé la foi dans la promesse de leur leader, promesse selon laquelle personne ne sera laissé pour compte.
En 1916, contre toute attente, les 28 membres de l'expédition ont survécu dans l'environnement le plus rude de la Terre et sont rentrés chez eux sains et saufs.
Réfléchissez à une épreuve difficile que vous avez traversée : Qu'est-ce qui vous a soutenu et vous a permis de continuer ?
À propos de la Haftara
Écrit par Rabbi Barry Kleinberg
Inspiré des enseignements de Rabbi Lord Jonathan Sacks
Une introduction A
Chabbat Ha’Hodech
La parachat Ha’hodech marque la dernière des quatre Chabbatot spéciaux avant Pessa’h. En l’honneur du nouveau mois de Nissan (le premier dans le calendrier juif, selon une méthode de comptage de mois), nous ajoutons une lecture spéciale à la Haftara de cette semaine.
À la fin du livre de Chemot, le Michkan a été achevé. Dans notre lecture de la Torah de Pékoudé, nous sommes maintenant au 1er Nissan, Moïse assemble les poutres, les tentures, puis place les meubles et les vases dans le Michkan. Ensuite, dans la partie spéciale de la Haftara, nous faisons un bond dans le passé d’un an exactement. D.ieu parle à Moïse en Égypte, deux semaines avant l'Exode, et lui donne le premier commandement jamais donné à un tout un peuple : établir le calendrier juif selon le renouvellement mensuel de la nouvelle lune, et considérer Nissan, le mois de l’Exode, comme « le premier des mois ».
Roch ‘Hodech est ensuite célébré par les Bné Israël pour la première fois.
Résumé de la Haftara
Pour Chabbat Chékalim
Ezéchiel 45:16 - 46:18 (Ashkénazim)
Ezéchiel 45:18 - 46:15 (Séfarades)
Ezéchiel 45:9 - 46:11 (Yéménites)
Dans Ezéchiel 45:16 - 46:18, D.ieu expose les lois concernant les offrandes, la distribution des terres et le rôle du prince d’Israël (Nassi) dans le culte. Le peuple d’Israël doit soutenir le Nassi, qui fournit des offrandes pour les fêtes et les rituels d’expiation. Des sacrifices spécifiques sont prescrits pour le Nouvel An, Pessa’h, et d'autres fêtes afin d’assurer la pureté et l’expiation.
Dans le chapitre 46, les règles pour le Chabbat et le culte de Roch ‘Hodech (nouvelle lune) sont détaillées. Le Nassi doit entrer dans le Temple par la porte orientale et diriger le culte. Le peuple a aussi des itinéraires d’entrée et de sortie désignés. Les sacrifices quotidiens et les règlements pour les offrandes volontaires sont spécifiés.
Enfin, les droits fonciers du Nassi sont définis. Il est décrété qu'il ne peut pas saisir de terres appartenant à d’autres, mais il peut accorder un héritage à ses fils de ses propres terres. Ces lois assurent la justice, un culte approprié, et la sainteté du Temple.
Au cours des dernières semaines, pendant ces quatre Chabbatot spéciaux, avez-vous ressenti un intérêt particulier pour les lectures de la Haftara ou le calendrier juif ? Pourquoi ?
Résumé de la Haftara
Haftara régulière pour Vayakhel
I Rois 7:51-8:21 (Ashkénazim)
I Rois 7:40-50 (Séfarades et Yéménites)
Dans la Haftara lue par les Ashkénazim, le roi Chlomo achève la construction du Temple et apporte les trésors sacrés dédiés par son père David. Dans le chapitre 8, Chlomo rassemble les anciens et les dirigeants d’Israël à Jérusalem pour installer l’arche d’alliance dans le Temple. Les prêtres placent l’Arche dans le Saint des saints, et un nuage, symbolisant la présence divine, remplit le Temple, empêchant les prêtres de servir.
Chlomo s'adresse ensuite à l'assemblée, bénissant le Seigneur pour avoir accompli Sa promesse à David. Il se souvient de la volonté de David de construire le Temple, mais D.ieu a choisi Chlomo. Il déclare que D.ieu a établi Sa présence dans le Temple et affirme la fidélité de D.ieu à Israël. Ce moment marque l'aboutissement des efforts de Salomon pour centraliser le culte à Jérusalem.
Points de réflexion
Dans quelles histoires du Tanakh les nuages jouent-ils un rôle ?
Que représentent ces nuages ?
Voyez-vous ces nuages comme des miracles révélés ?
Connexions du Tanakh
Liens entre la paracha et la Haftara
Le Mishkan achevé dans la Paracha est mis en parallèle avec le Temple de Salomon dans la Haftara. De plus, les deux textes nous apprennent que les dirigeants respectifs (Moïse et Salomon) ont placé les vases à leurs endroits appropriés.
Un autre lien fascinant entre la Paracha et la Haftara est l’arrivée d'un nuage symbolisant la présence de Hachem. Il est écrit dans Chémot 40:34 : « Le nuage couvrit alors la tente d’assignation, et la gloire de l'Éternel remplissait le Mishkan. » I Rois 8:10-11 dit : « Les prêtres ne pouvaient pas rester pour effectuer le service à cause du nuage, car la gloire de l'Éternel remplissait Sa maison. » Le sceau de l’approbation de Hachem a été apposé sur le Michkan et le Beth Hamikdach.
Il est difficile d’imaginer que Hachem puisse habiter n'importe où, y compris dans un lieu aussi sacré que le Tabernacle ou le Temple. Rabbi Sacks a posé cette question et a donné une belle réponse : « C’est cela la signification profonde de la bénédiction de Moïse aux Israélites : "Que la volonté de D.ieu soit que Sa présence repose dans le travail de vos mains." D.ieu ne réside pas dans les objets – ni sur le mont Sinaï, ni dans les tables de la Loi, ni dans le Tabernacle. Sa Présence (le mot Chékhina, présence divine, vient de la même racine que Michkan, Tabernacle) vit dans ‘le travail de nos mains’ – tout ce que nous faisons selon Sa volonté. Il n’y avait rien de grand dans le Tabernacle. Il était petit, fragile, portatif. Ce qui le rendait saint, c’était une seule chose : que les Israélites l'aient fait exactement comme D.ieu l'avait ordonné. Le plus simple acte humain, s'il est fait pour D.ieu, a plus de sainteté que les objets les plus sacrés. » Pour moi, il s’agit d’un acte remarquable de foi.
Contexte pour les Prophètes
Les endroits saints dans le livre de Chémot
Rabbi Sacks a écrit : « Être juif, c’est voyager, et savoir que là où nous sommes n'est qu'une halte, pas encore un foyer. Cela se définit non pas par le fait que nous soyons ici, mais par la conscience que, finalement – après un jour, une semaine, une année, un siècle, parfois même un millénaire – nous devrons repartir. Ainsi, le Tabernacle portatif, plus encore que le Temple de Jérusalem, est devenu le symbole de la vie juive. »
Comme nous l’avons noté dans l’introduction à cette série, Rabbi Sacks percevait les livres des prophètes comme les premiers interprètes du ‘Houmach (les cinq livres de Moïse). Dans les parachiot à la fin du livre de Chémot, notre attention s’est portée sur le Michkan, un lieu saint qui illustre la nature transitoire de l’histoire du peuple juif.
Les Haftarot reflètent bien le contenu que nous lisons chaque semaine dans la Torah, mais elles traitent d’une époque où le Temple final sera construit. Ce moment ne marquera pas seulement l'accomplissement de nombreuses prophéties, mais sera aussi la première fois dans l'histoire juive que le peuple juif aura un foyer et pourra connaître une véritable paix. Puisse cela se réaliser rapidement de nos jours !
Citation de la semaine
« La sécurité n’appartient pas au lieu, mais à la personne, pas à un espace physique à la surface de la Terre, mais à un espace spirituel dans le cœur humain. »
Réflexions supplémentaires
Comment atteignez-vous une sensation de repos ? Si vous partez en vacances, ressentez-vous immédiatement que vous vous reposez ? Sinon, pourquoi n’est-ce pas le cas ?
Written as an accompaniment to Rabbi Sacks’ weekly Covenant & Conversation essay, the
Family Edition
is aimed at connecting teenagers with his ideas and thoughts on the parsha.
Campements et voyages
Édition Familiale
Pékoudé
Inspiré par les enseignements et les idées de Rabbi Sacks
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Essai Principal
Vayakhel, Pékoudé
Campements et voyages
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Résumé du Covenant & Conversation
● Ce résumé est adapté de l’essai écrit par Rabbi Sacks en 2011, disponible ici.
Les derniers versets du livre de Chémot nous parlent de la relation entre les Nuées de gloire et le Tabernacle. Le Michkan était conçu de manière à être portatif. Il pouvait être rapidement démonté et ses parties transportées lorsque les Israélites se rendaient à la prochaine étape de leur voyage. Lorsque vint le moment pour les Israélites de partir, les Nuées se déplacèrent de leur lieu de repos dans la Tente d'assignation à une position à l’extérieur du camp, signalant la direction qu’ils devaient maintenant prendre. Le langage utilisé implique cependant que les Nuées n'étaient pas au-dessus du Tabernacle pendant tous leurs voyages, bien que nous savons qu’elles ne s’arrêtaient uniquement uniquement lorsque les Israélites s'arrêtaient et qu’ils remontaient le Michkan.
“Même un campement est un voyage”, explique Rachi. Les endroits où ils campaient étaient aussi appelés “voyages”, car le peuple ne prévoyait pas y rester. Être juif, c’est voyager, et savoir que là où nous sommes n’est qu’un simple lieu de repos, pas encore un foyer. Cette idée n’est pas définie par le fait que nous sommes ici, mais par la connaissance qu’en fin de compte nous devrons avancer. Ainsi, le Michkan portatif est devenu le symbole de la vie juive.
Si quelque chose est responsable de la force inégalée de l'identité juive à travers les longs siècles où les Juifs étaient dispersés à travers le monde, c’est bien le concept auquel les Juifs et le judaïsme ont donné le nom de galout, l'exil. Unique parmi les nations du monde antique ou moderne, ils ne se sont ni convertis à la foi dominante, ni assimilés à la culture dominante. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont jamais pris un lieu particulier pour une maison, un emplacement temporaire pour une destination ultime. « Aujourd’hui, nous sommes ici », disent-ils au début du Seder, « mais l’année prochaine, dans le pays d’Israël. »
À travers l'histoire, les Juifs se retrouvèrent dispersés parmi les nations, ne sachant jamais quand ils seraient forcés de partir trouver un nouveau foyer. Comment ont-ils survécu, leur identité intacte, leur foi, bien que mise à rude épreuve, toujours forte ? Parce qu'ils croyaient que D.ieu était avec eux, même en exil. Parce qu'ils avaient toujours la Torah, l'alliance inaltérable de D.ieu, avec Sa promesse que « malgré cela, lorsqu'ils seront dans la terre de leurs ennemis, Je ne les rejetterai pas, ni ne les abhorrerai pour les détruire entièrement, brisant ainsi Mon alliance avec eux.”
Rien dans l'histoire ne ressemble à cette prédisposition juive à voyager, à aller de l'avant, accompagnés de rien sinon la parole divine, la promesse, l'appel, la foi en une destination ultime. C'est ainsi que l'histoire juive a commencé, avec l'appel de D.ieu à Abraham de quitter sa terre, son pays natal et la maison de son père. C'est ainsi que l'histoire juive a continué pendant la majorité des quatre mille ans. En dehors d'Israël, la seule sécurité des Juifs était la foi elle-même et son souvenir éternel la Torah, la lettre d'amour de D.ieu au peuple juif, Son lien inaltérable. Durant tous ces siècles, bien qu'ils aient été moqués comme étant « le Juif errant », ils devinrent le témoignage vivant de la potentialité de la foi au milieu de l'incertitude, et du D.ieu qui rendait cette foi possible, le D.ieu omniprésent, symbolisé par le Tabernacle, Sa maison portable.
Même de grands dirigeants spirituels du monde ont reconnu qu'il y avait quelque chose d'inégalé dans la capacité juive à rester fidèle aux termes de son existence malgré la dispersion, n'ayant jamais perdu la foi qu'un jour, les exilés retourneraient sur leur terre.
Car même lorsqu'ils étaient au repos, les Juifs savaient qu'ils devraient un jour déraciner leurs tentes, démonter le Tabernacle et repartir. « Même un campement est appelé un voyage. » Un peuple qui ne cesse de voyager est un peuple qui ne vieillit jamais, qui ne devient ni dépassé ni indifférent. Il peut vivre ici et maintenant, mais il est toujours conscient du passé lointain et de l'avenir encore prometteur.
Autour de la table de Chabbat
À propos de la Paracha
Écrit par Sara Lamm
Inspiré des enseignements de Rabbi Lord Jonathan Sacks
La paracha en bref
Les Bné Israël ont contribué avec de l’or, de l’argent et du cuivre pour la construction du Michkan. Chaque contribution a été soigneusement récoltée. Les artisans Betsalel et Aholiav, ainsi que leur équipe, ont suivi les instructions détaillées que D.ieu avait données à Moïse pour créer les huit éléments des vêtements spéciaux des Cohanim. Tous les éléments du Michkan ont été présentés à Moïse, qui a ensuite assemblé la structure, l’a consacrée avec de l’huile sacrée et a officiellement initié Aharon et ses fils dans leurs rôles sacerdotaux. Ensuite, un nuage est apparu au-dessus de la structure, symbolisant la présence de D.ieu dans le Michkan.
Philosophie de Rabbi Sacks
Approfondissement
L’identité juive est fondamentalement caractérisée par la vie comme un voyage continu. Un détail dans la longue liste des instructions du Michkan illustre cela. L'Arche, qui abritait les tables de la Loi comme rappels permanents de l'alliance de D.ieu avec Israël, avait deux anneaux en or de chaque côté, dans lesquels des barres étaient insérées pour que l'Arche puisse être transportée lorsque le moment viendrait pour les Bné Israël de se mettre en route.
Rabbi Hirsch a expliqué que les anneaux en or étaient là pour que l'Arche soit toujours prête à être transportée lorsque les Bné Israël devraient voyager. Pourquoi n'était-ce pas le cas pour les autres objets du Michkan, comme l'Autel et la Ménora ? Pour montrer que la Torah était spéciale, et non limitée à un endroit spécifique. Ainsi, la Torah est devenue le foyer portatif du Juif.
Le judaïsme comprend que D.ieu est présent partout et qu'Il est avec le peuple juif tout au long de ses pérégrinations. Cela est symbolisé par le Michkan, et en particulier l'Arche avec ses barres attachées en permanence, toujours en mouvement.
Les barres de l'Arche restaient attachées en permanence. Quelles valeurs non négociables votre famille garde-t-elle attachées, quelles que soient les circonstances évolutives ?
Activité sur la paracha
Traditions portables
Le premier joueur dans le cercle nomme une valeur ou une tradition familiale importante. Ensuite, tout le monde partage la façon dont il pourrait préserver cette tradition s’il ne pouvait emporter que ce qui tient dans ses poches, s’il se trouvait dans un endroit avec une langue différente, ou s’il ne pouvait pas utiliser d’objets physiques (uniquement des mots et des actions). Lors du prochain tour, un autre joueur nomme une nouvelle tradition et le cercle continue.
Est-il important pour vous de s’assurer que vos traditions familiales perdurent ?
Une histoire pour tous les âges
L’endurance
Ernest Shackleton est né en Irlande en 1874. Il a toujours rêvé d'explorer de nouveaux endroits et de visiter les pôles Nord et Sud. À 16 ans, il rejoint la marine et commence à voyager à travers le monde. Lors de son troisième voyage en Antarctique, il prévoyait de traverser le pôle Sud. Mais à son grand désespoir, Shackleton et son équipage de 27 personnes ont vu leur navire, The Endurance, être pris dans la glace. Finalement, la pression de la glace a brisé le navire. Pendant ce temps, l’équipage s’est retrouvé sur des plateformes de glace à la dérive, où ils ont été contraints de s’installer pendant près de deux ans !
Tout au long de cette longue et difficile épreuve, ce n’est pas seulement leur résistance physique qui a soutenu ces hommes, mais une résilience psychologique remarquable, dirigée par Shackleton. Il a maintenu des habitudes strictes : repas réguliers, tâches, et même divertissements - sachant que la structure préserve la santé mentale. Les hommes ont organisé des matchs de football sur la glace et des soirées musicales. Ils ont célébré les anniversaires et poursuivi des observations scientifiques.
Après de nombreux mois, ils ont traversé 800 miles de mers dangereuses dans de petits canots de sauvetage et ont franchi des montagnes inexplorées pour demander de l'aide. Tout le monde pouvait voir que c'était leur esprit collectif qui les portait en avant. Malgré la faim, les glace et la menace constante de la mort, ils ont pu trouver des instants d'humour et ont gardé la foi dans la promesse de leur leader, promesse selon laquelle personne ne sera laissé pour compte.
En 1916, contre toute attente, les 28 membres de l'expédition ont survécu dans l'environnement le plus rude de la Terre et sont rentrés chez eux sains et saufs.
Réfléchissez à une épreuve difficile que vous avez traversée : Qu'est-ce qui vous a soutenu et vous a permis de continuer ?
À propos de la Haftara
Écrit par Rabbi Barry Kleinberg
Inspiré des enseignements de Rabbi Lord Jonathan Sacks
Une introduction A
Chabbat Ha’Hodech
La parachat Ha’hodech marque la dernière des quatre Chabbatot spéciaux avant Pessa’h. En l’honneur du nouveau mois de Nissan (le premier dans le calendrier juif, selon une méthode de comptage de mois), nous ajoutons une lecture spéciale à la Haftara de cette semaine.
À la fin du livre de Chemot, le Michkan a été achevé. Dans notre lecture de la Torah de Pékoudé, nous sommes maintenant au 1er Nissan, Moïse assemble les poutres, les tentures, puis place les meubles et les vases dans le Michkan. Ensuite, dans la partie spéciale de la Haftara, nous faisons un bond dans le passé d’un an exactement. D.ieu parle à Moïse en Égypte, deux semaines avant l'Exode, et lui donne le premier commandement jamais donné à un tout un peuple : établir le calendrier juif selon le renouvellement mensuel de la nouvelle lune, et considérer Nissan, le mois de l’Exode, comme « le premier des mois ».
Roch ‘Hodech est ensuite célébré par les Bné Israël pour la première fois.
Résumé de la Haftara
Pour Chabbat Chékalim
Ezéchiel 45:16 - 46:18 (Ashkénazim)
Ezéchiel 45:18 - 46:15 (Séfarades)
Ezéchiel 45:9 - 46:11 (Yéménites)
Dans Ezéchiel 45:16 - 46:18, D.ieu expose les lois concernant les offrandes, la distribution des terres et le rôle du prince d’Israël (Nassi) dans le culte. Le peuple d’Israël doit soutenir le Nassi, qui fournit
des offrandes pour les fêtes et les rituels d’expiation. Des sacrifices spécifiques sont prescrits pour le Nouvel An, Pessa’h, et d'autres fêtes afin d’assurer la pureté et l’expiation.
Dans le chapitre 46, les règles pour le Chabbat et le culte de Roch ‘Hodech (nouvelle lune) sont détaillées. Le Nassi doit entrer dans le Temple par la porte orientale et diriger le culte. Le peuple a aussi des itinéraires d’entrée et de sortie désignés. Les sacrifices quotidiens et les règlements pour les offrandes volontaires sont spécifiés.
Enfin, les droits fonciers du Nassi sont définis. Il est décrété qu'il ne peut pas saisir de terres appartenant à d’autres, mais il peut accorder un héritage à ses fils de ses propres terres. Ces lois assurent la justice, un culte approprié, et la sainteté du Temple.
Au cours des dernières semaines, pendant ces quatre Chabbatot spéciaux, avez-vous ressenti un intérêt particulier pour les lectures de la Haftara ou le calendrier juif ? Pourquoi ?
Résumé de la Haftara
Haftara régulière pour Vayakhel
I Rois 7:51-8:21 (Ashkénazim)
I Rois 7:40-50 (Séfarades et Yéménites)
Dans la Haftara lue par les Ashkénazim, le roi Chlomo achève la construction du Temple et apporte les trésors sacrés dédiés par son père David. Dans le chapitre 8, Chlomo rassemble les anciens et les dirigeants d’Israël à Jérusalem pour installer l’arche d’alliance dans le Temple. Les prêtres placent l’Arche dans le Saint des saints, et un nuage, symbolisant la présence divine, remplit le Temple, empêchant les prêtres de servir.
Chlomo s'adresse ensuite à l'assemblée, bénissant le Seigneur pour avoir accompli Sa promesse à David. Il se souvient de la volonté de David de construire le Temple, mais D.ieu a choisi Chlomo. Il déclare que D.ieu a établi Sa présence dans le Temple et affirme la fidélité de D.ieu à Israël. Ce moment marque l'aboutissement des efforts de Salomon pour centraliser le culte à Jérusalem.
Points de réflexion
Connexions du Tanakh
Liens entre la paracha et la Haftara
Le Mishkan achevé dans la Paracha est mis en parallèle avec le Temple de Salomon dans la Haftara. De plus, les deux textes nous apprennent que les dirigeants respectifs (Moïse et Salomon) ont placé les vases à leurs endroits appropriés.
Un autre lien fascinant entre la Paracha et la Haftara est l’arrivée d'un nuage symbolisant la présence de Hachem. Il est écrit dans Chémot 40:34 : « Le nuage couvrit alors la tente d’assignation, et la gloire de l'Éternel remplissait le Mishkan. » I Rois 8:10-11 dit : « Les prêtres ne pouvaient pas rester pour effectuer le service à cause du nuage, car la gloire de l'Éternel remplissait Sa maison. » Le sceau de l’approbation de Hachem a été apposé sur le Michkan et le Beth Hamikdach.
Il est difficile d’imaginer que Hachem puisse habiter n'importe où, y compris dans un lieu aussi sacré que le Tabernacle ou le Temple. Rabbi Sacks a posé cette question et a donné une belle réponse : « C’est cela la signification profonde de la bénédiction de Moïse aux Israélites : "Que la volonté de D.ieu soit que Sa présence repose dans le travail de vos mains." D.ieu ne réside pas dans les objets – ni sur le mont Sinaï, ni dans les tables de la Loi, ni dans le Tabernacle. Sa Présence (le mot Chékhina, présence divine, vient de la même racine que Michkan, Tabernacle) vit dans ‘le travail de nos mains’ – tout ce que nous faisons selon Sa volonté. Il n’y avait rien de grand dans le Tabernacle. Il était petit, fragile, portatif. Ce qui le rendait saint, c’était une seule chose : que les Israélites l'aient fait exactement comme D.ieu l'avait ordonné. Le plus simple acte humain, s'il est fait pour D.ieu, a plus de sainteté que les objets les plus sacrés. » Pour moi, il s’agit d’un acte remarquable de foi.
Contexte pour les Prophètes
Les endroits saints dans le livre de Chémot
Rabbi Sacks a écrit : « Être juif, c’est voyager, et savoir que là où nous sommes n'est qu'une halte, pas encore un foyer. Cela se définit non pas par le fait que nous soyons ici, mais par la conscience que, finalement – après un jour, une semaine, une année, un siècle, parfois même un millénaire – nous devrons repartir. Ainsi, le Tabernacle portatif, plus encore que le Temple de Jérusalem, est devenu le symbole de la vie juive. »
Comme nous l’avons noté dans l’introduction à cette série, Rabbi Sacks percevait les livres des prophètes comme les premiers interprètes du ‘Houmach (les cinq livres de Moïse). Dans les parachiot à la fin du livre de Chémot, notre attention s’est portée sur le Michkan, un lieu saint qui illustre la nature transitoire de l’histoire du peuple juif.
Les Haftarot reflètent bien le contenu que nous lisons chaque semaine dans la Torah, mais elles traitent d’une époque où le Temple final sera construit. Ce moment ne marquera pas seulement l'accomplissement de nombreuses prophéties, mais sera aussi la première fois dans l'histoire juive que le peuple juif aura un foyer et pourra connaître une véritable paix. Puisse cela se réaliser rapidement de nos jours !
Citation de la semaine
« La sécurité n’appartient pas au lieu, mais à la personne, pas à un espace physique à la surface de la Terre, mais à un espace spirituel dans le cœur humain. »
Réflexions supplémentaires
Comment atteignez-vous une sensation de repos ? Si vous partez en vacances, ressentez-vous immédiatement que vous vous reposez ? Sinon, pourquoi n’est-ce pas le cas ?
Written as an accompaniment to Rabbi Sacks’ weekly Covenant & Conversation essay, the Family Edition is aimed at connecting teenagers with his ideas and thoughts on the parsha.
Les miroirs de l’amour
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